Un chercheur dans la capitale du Kaolin

Contribuer avec Imerys à faire évoluer deux usines américaines intégrées depuis peu.


Le groupe français Imérys, leader de la valorisation des minéraux (2,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2002, près de 290 implantations industrielles et commerciales dans 36 pays) a demandé en 2001 à Entreprendre & Comprendre un diagnostic social et culturel sur deux usines américaines situées à Sandersville, Georgie, acquises en 1999.


Objectif :
Afin de faire évoluer ses activités dans le kaolin (pigment pour papier) en Georgie, Imerys souhaite améliorer la compréhension réciproque entre les cadres et les salariés, ainsi qu’entre les deux établissements, et œuvrer pour une meilleure communication interne au sein de l’entreprise et a donc besoin de mieux connaître les acteurs concernés.


Approche :
Philippe Erikson, chercheur franco-américain, passe trois mois (été 2001) à Sandersville, travaillant dans différents départements d’Imerys et partageant la vie et les habitudes locales.

Sa mission : connaître la ville et les deux usines, leur histoire, leurs pratiques, rituels et figures légendaires tout comme leurs interdits, bref décrypter le quotidien. Philippe Erikson observe et écoute sans trier, sans échelle de valeurs a priori : les affiches qui décorent les bureaux, le bistrot « typique » de la ville, le vocabulaire utilisé, l’accueil réservé à sa personne, tout détail peut avoir son importance.

Les faits concrets l’intéressent, mais il se concentre autant, sinon plus, sur la représentation que s’en font ses informateurs. C’est ainsi qu’il apporte des éclairages sur des phénomènes et/ou des comportements en apparence secondaires ou peu clairement identifiés mais qui peuvent être des leviers pour le développement des sites et leurs pérennisation.


Résultat :
Le rapport de Entreprendre et Comprendre est un récit concret, coloré et vivant. Parmi ses constats qui permettront à Imerys d’adapter ses actions :


• Aucun stigmate particulier ne semble attaché à la dimension française d’Imerys. Le groupe jouit d’une image de compétence. Ses investissements à Sandersville suscitent de l’espoir, mais aussi le sentiment « d’avoir été rattrapés par le monde moderne », alors qu’ici l’expérience est fortement valorisée.


• Il y a une forte rivalité entre les deux sites, distants de 10 minutes en voiture, mais dans les personnels ne se connaissent pas. Cependant, l’atmosphère est bon enfant dans les deux usines, avec des relations détendues et égalitaires avec les supérieurs qui délèguent beaucoup.


• Le sentiment de très bien gagner sa vie est omniprésent mais le produit n’est pas valorisé et il n’y a pas ou peu de fierté du métier. La concurrence des pays en développement et l’épuisement des meilleurs gisements justifient un pessimisme ambiant général.


Suite :

La mission de Philippe Erikson en Georgie a été suivie en 2003 par une seconde au Royaume-Uni, ou plus précisément dans une usine d’Imérys en Cornouaille.